aussi : Lewuru
Le clou de la dot dans le sud-est : elle scelle le mariage par son bruit sourd.
Forgée par un initié — pas n'importe quel forgeron —, l'enclume est le symbole du plomb qui, attaché aux chevilles de l'épouse, la maintient dans le mariage : en posant les pieds dessus, la mariée « assoit » son union, aussi lourde et durable que le métal. On ne la pose pas : on la laisse tomber. Le bruit sourd est l'acceptation des aïeux des deux familles, leur signature invisible de l'acte de mariage et leur bénédiction. C'est l'enclume qui donne sa valeur au reste de la dot ; elle ne peut jamais être remplacée par une amende. Se présenter sans l'enclume quand elle a été demandée est un affront grave. Jadis, l'enclume reçue au mariage d'une fille servait à doter l'épouse de son frère : le même objet, rare et précieux, passait de famille en famille.
Le sel
La saveur de la vie commune et le vœu d'une union qui ne se « fade » jamais.
Présent dans presque toutes les dots, le sel symbolise la saveur que l'épouse apporte au foyer et le souhait que l'entente entre les familles ne perde jamais son goût. Donné en sac, il dit aussi l'abondance et la capacité du gendre à nourrir l'alliance. Conserver le sel, c'est conserver l'amitié entre les deux lignages.
Le plomb / poids (Elirino)
MyènèObambaNzébi
Le « poids » qui ancre l'épouse au foyer.
Chez les Myènè, l'Elirino est un gros plomb rond ; ailleurs c'est un poids ou l'enclume elle-même. Sa lourdeur est une métaphore : elle ancre l'épouse dans son nouveau foyer et donne du « poids » — de la valeur et de la stabilité — à l'union. C'est un cousin symbolique de l'enclume des peuples du sud-est.
Le vin de miel (ekombe)
Myènè
La boisson noble qui adoucit la parole et lie les familles.
Boisson traditionnelle à base de miel, l'ekombe est servi aux moments forts de la cérémonie myènè. Le miel évoque la douceur souhaitée au couple et le caractère précieux de l'alliance ; partager l'ekombe, c'est sceller l'entente dans la douceur plutôt que dans la seule transaction.
Le pagne
aussi : Wax, Okorouet, Ndengi
Le tissu qui habille l'alliance et distingue les deux familles.
Le pagne habille la mariée, sa mère et les femmes des deux lignages. On choisit souvent un pagne « officiel » par côté (famille de l'homme, famille de la femme) pour que l'assemblée reconnaisse chacun d'un coup d'œil. Offrir des pagnes en nombre, c'est vêtir et honorer celles qui ont élevé l'épouse ; certains tissus anciens (l'okorouet myènè) ont une valeur rituelle particulière.
La chèvre / le bouc
L'animal de l'alliance, partagé et consommé ensemble.
Animal vivant remis à la belle-famille, la chèvre (ou le bouc) scelle le pacte entre les lignages : on la partage et on la consomme ensemble, ce qui transforme deux familles en une seule tablée. Sa valeur marchande compte moins que le geste : donner du vivant, c'est donner de la vie à l'alliance.
La malle / valise de la mariée
Le trousseau qui équipe la nouvelle épouse.
Malle ou grande valise garnie de vêtements, chaussures, produits de beauté, pagnes et linge : c'est le trousseau qui équipe la mariée pour sa nouvelle vie. Son contenu, exposé devant l'assemblée, témoigne du soin et du respect que le gendre porte à celle qu'il épouse.
La natte traditionnelle
Le foyer, le lit, l'hospitalité.
La natte évoque le foyer et le repos : on y dort, on y accueille, on s'y assoit pour parler. La remettre, c'est offrir symboliquement le lieu de la vie commune et la continuité des générations.
L'enveloppe de l'oncle maternel
La reconnaissance à la lignée maternelle, gardienne de la mariée.
Dans les sociétés à filiation matrilinéaire (fréquentes au sud et à l'est), l'oncle maternel a autorité sur sa nièce : c'est lui, autant que le père, qui reçoit. L'enveloppe qui lui revient n'« achète » pas la mariée — elle remercie le lignage qui l'a portée et reconnaît son rôle de gardien de l'alliance.